La fuite de la Vie…

Les années passent, le temps se poursuit, inexorable…

Voici qu’au détour d’un chemin, en notre merveilleux écrin de verdure protégé des turpitudes de la-dite « civilisation », un beau matin au hasard d’une rencontre, on te dit « Unetelle, untel… tu ne la, tu ne le reverras plus » !

Elle, lui, si gentils ? Mais, sacrebleu, la fille d’unetelle, je l’ai vue il n’y a pas bien longtemps, hier, avant-hier… Lui aussi… On avait bien rigolé ! Non, ce n’est pas possible ! Encore une amie, encore un ami disparus ?

Après un moment de stupeur, seul nous reste-t-il la compassion, la tristesse, l’intime émotion difficilement contenue. L’expression de notre tangible amitié ne saurait que maladroitement tenter d’apporter un baume à la détresse des proches, si cruellement touchés. Dieu, que l’on se sent démuni, impuissant face à une pareille adversité ! Que nous reste-t-il à offrir, si ce n’est qu’au mieux assistance, amitié, présence active, soutien indéfectible…

Alors, dans mon émotion partagée, puis-je me permettre de vous énoncer en toute fraternité ce merveilleux texte d’espoir de Romain Didier, chanteur, compositeur, pianiste, en hommage à ce souvenir, tellement riche en valeurs humaines… « Je me souviens »…

« Je fais souvent ce rêve, pareil à s’y méprendre
A celui de Nerval, qui revivait ses vies.
C’est peut-être sous Louis XIII, et je crois voir s’étendre
Ce même coteau vert que le couchant jaunit.

Je me souviens d’un temps, d’un pays d’une province
D’un cheval martelant le pavé d’une rue.
D’une maison de pierres, d’un escalier qui grince
Et des bras d’une femme vers lesquels j’ai couru.

Je me souviens des fils qui nouaient son corsage
Du reflet des chandelles sur ses épaules nues
Du parfum d’églantine, et d’étreintes sauvages
Et de toutes nos promesses – Les a-t-on bien tenues ?

Je me souviens de l’ombre sur un cadran solaire
Qui déclinait le temps en se penchant dessus.
Au hasard des frontons des vieilles maisons de pierres
Il m’arrive de rêver que je l’ai aperçu.

Je me souviens de l’air d’une chanson ancienne
Qu’elle fredonnait souvent d’une voix si ténue
Les paroles disaient que les gens quand ils s’aiment
Bien après qu’ils soient morts leur amour continue ».

Bien après qu’ils soient morts, leur amour dure encore…

Amitiés naturistes.

Michel.B

*** Pour l’anecdote, les êtres vivants passent et trépassent… La magie de la technique audio et vidéo demeure. Elle se révèle apte à nous offrir en des moments privilégiés une pérenne image authentique de personnages aimés disparus, ainsi durablement omniprésents, infiniment vivants, séraphiquement ensemble au delà du grand voyage…

_(Expire le 12 Mar 2019)_

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