Buse… t’abuses…

Alsace: Mais pourquoi des buses s’en prennent-elles à des joggeurs ces temps-ci ? 

T’abuses, ma Buse ? Tu nous dis : « Je protège mes petits, moi ! »

La Nature a ses principes, viscéraux, innés, inaltérables. Les buses sont des rapaces qui appartiennent à la famille des Accipitridés. On peut les trouver sur toute la surface du globe, excepté l’Australie et l’Antarctique. Il existe entre 28 et 35 espèces de buses. La buse la plus répandue dans nos régions est la « Buse variable ».

« La buse variable (Buteo buteo), est l’espèce la plus commune en Europe. Sa tête est ronde et sa queue assez courte. Son plumage est généralement brun foncé avec des taches blanches sur son ventre. Mais la buse variable peut être de différentes autres couleurs. Cette espèce de buse est reconnaissable par son bec courbé. Le jour, on peut l’apercevoir perchée en hauteur, où elle passe de longs moments, ou en plein vol planant au-dessus des champs. La buse variable est l’espèce qui a la vue la plus perçante de tous les oiseaux de proie. Elle possède aussi un cri particulier qui ressemble à un miaulement très aigu, que l’on peut entendre de loin et que la buse pousse plus particulièrement en vol ».

NATURE – ANIMAUX – OISEAUX DE PROIE

Depuis quelques semaines, plusieurs attaques de buses ont été rapportées en Alsace sur des coureurs à pied. Comment expliquer ce phénomène ? Et les joggeurs sont-ils particulièrement ciblés ? Réponse…

Bruno Poussard – Publié le 31/05/18 à 19h35 — Mis à jour le 31/05/18 à 19h35

Un « Buse variable », espèce très répandue dans toute la France et particulièrement en Alsace, en plein vol. – Christels / Pixabay / Creative Commons.

  • Depuis début mai, plusieurs attaques de buses sur des coureurs à pied ont été rapportées en Alsace, comme ailleurs en France. En pleine période de nidification, le rapace le plus répandu du pays peut ainsi attaquer pour défendre ses petits après éclosion.
  • Mais pourquoi s’en prend-elle surtout aux joggeurs, plus qu’aux marcheurs ou aux cyclistes ? Et comment se défendre ? Réponses :

Alexandre, la trentaine, l’a vécu sur les hauteurs de Molsheim (Bas-Rhin) où il travaille depuis deux ans. Lors d’un footing un midi, casque de musique sur la tête. « J’ai d’abord senti quelque chose dans mes cheveux, raconte-t-il. Alors j’ai passé ma main, puis je me suis retourné, et j’ai vu la bête derrière moi ! » Avec un gros coup de flippe en prime.

En pleine période de nidification avant l’été

Mais ce n’est pas la dernière fois qu’une buse s’en est prise à lui. Au même endroit, ou presque. Le garçon prolonge : « Tous les ans, à la même époque, quand tu cours dans le vignoble à certains endroits, une buse peut t’attaquer. » Entre Molsheim et Avolsheim, Alexandre a changé de parcours pour éviter ce spot désormais identifié.

A la période de nidification, les buses peuvent parfois se montrer agressives à l’encontre de joggeurs. Revenu avec le cuir chevelu en sang, son collègue Pascal, marathonien, a pourtant subi pareille aventure en début de semaine. « C’est la troisième année que je connais ça, précise-t-il. Mais là, je n’y ai pas trop fait attention car je pensais la période de nidification finie. Ce sont des animaux protégés, il faut juste être patient et modifier son itinéraire. »

La buse veut protéger ses petits après éclosion

C’est là l’explication du phénomène, pas nouveau : après construction de son nid, la buse variable peut attaquer pour défendre sa progéniture près de son repaire. « Lorsque ses petits ne peuvent pas encore voler, après l’éclosion », précise Alexandre Gonçalves, chargé de mission à la « Ligue de la protection des oiseaux » (LPO) en Alsace.

https://www.dna.fr/edition-de-obernai-barr-rosheim/2018/05/23/nouvelle-attaque-de-buse-a-obernai …

Si sa nidification dure globalement d’avril à août, la vigilance de la buse est plus intense de mai à juillet. (des dates qui varient suivant son milieu naturel et la météo) Et ce jusqu’à 500 mètres de son nid. Des coureurs surtout, qu’elle voit donc visiblement plus comme un danger que les marcheurs ou les cyclistes. Sans explication connue.

De 10 à 20 attaques « anecdotiques » par an en France. – En moyenne, 10 à 20 attaques sont recensées chaque année dans toute la France, sans jamais entraîner de grave blessure. Pour la LPO, (qui dénombre et suit toutefois leur évolution) ces événements restent donc « anecdotiques ». « Il suffit de comparer avec les centaines de milliers de morsures de chien par an », justifie Alexandre Gonçalves.

Lorsqu’elle s’attaque à un joggeur en pleine période de nidification, la buse variable a de quoi impressionner en arrivant par derrière avec ses pattes. D’une envergure de plus d’un mètre, la buse variable a cependant de quoi impressionner les joggeurs qu’elle veut chasser, malgré un nid à une dizaine de mètres de haut dans les arbres. Mais des solutions existent. Le spécialiste de la LPO préconise simplement de « se mettre à marcher » ou de « secouer une branche au-dessus de sa tête ». Dans des communes où des couples de buses sont connus, des panneaux ont même été installés près de leurs nids, souvent à proximité de prairies. Mais pas d’inquiétude chers coureurs, ce rapace le plus répandu de France ne veut pas vous manger. A l’affût, la buse préfère chasser des campagnols, des souris ou encore des taupes.

Buses bien élevées… Mais attention quand même !

Amitiés naturistes,

Michel.B

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